Renforcer le partenariat entre les Caraïbes et l’Afrique en matière de commerce et d’investissement

L’Afrique est en plein essor, l’une des principales raisons étant les efforts accrus et soutenus déployés pour stimuler le commerce intra-africain. Traditionnellement, le commerce des différents pays d’Afrique suivait des routes et des modèles établis depuis l’époque coloniale. La zone continentale africaine de libre-échange, la plus grande zone de libre-échange au monde en termes de nombre de pays participants, est en train de changer la donne. Compte tenu des possibilités considérables qu’offre le développement du commerce africain, il existe également de bonnes options pour stimuler le partenariat entre l’Afrique et les Caraïbes en matière de commerce et d’investissement. Dans ce contexte, Caribbean Export a participé à la Foire commerciale intra-africaine 2023 (IATF 2023) au Caire, en Égypte, la semaine dernière.

L’IATF 2023, qui s’est tenue du 9 au 15 novembre, s’est révélée être une plateforme essentielle pour favoriser les liens économiques et la collaboration transfrontalière tout en mettant en valeur la diversité vibrante du continent. Cette initiative pionnière a accueilli des milliers de chefs d’entreprise et d’experts en commerce, offrant un forum inestimable pour des discussions significatives sur des sujets urgents. Il s’agit notamment du développement du secteur privé, de la facilitation des échanges, des investissements, du commerce numérique, de l’importance de l’inclusion financière numérique et de la qualité des infrastructures. Les délégués ont glané des informations qui ont transcendé les frontières, jetant les bases d’un avenir marqué par des partenariats économiques renforcés et une croissance mutuelle, notamment en mettant l’accent sur les entreprises.

Conscient de l’impératif stratégique que représente le renforcement de la collaboration, notre directeur exécutif, Deodat Maharaj, a exprimé son enthousiasme à l’idée de participer à cet événement important. L’invitation de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) à servir d’ambassadeur des Caraïbes pour l’IATF 2023 témoigne de la reconnaissance croissante des avantages mutuels qui découlent de la promotion de l’alliance entre l’Afrique et les Caraïbes.

À propos de sa participation, M. Maharaj a souligné : « L’impératif d’approfondir les relations commerciales et d’investissement avec l’Afrique est clair. Le fait de voir le contingent caribéen au Caire, alors que nous célébrons l’apogée de l’excellence africaine, participer à l’échange d’idées et favoriser l’établissement de nouveaux liens, démontre notre engagement à l’égard de cet objectif. Je félicite sincèrement Afreximbank d’avoir orchestré avec brio un nouvel événement couronné de succès.

Au cours des différentes tables rondes, les défis communs auxquels sont confrontés l’Afrique et les Caraïbes, en particulier la nécessité de mettre en place des projets susceptibles d’être financés, sont devenus évidents. Pour relever ces défis, il faut non seulement des solutions innovantes, mais aussi un niveau de collaboration accru. La célébration dynamique du secteur créatif a souligné le potentiel des arts en tant que formidable catalyseur d’opportunités économiques entre l’Afrique et les Caraïbes. Il a mis en évidence la perspective que le secteur créatif devienne la prochaine frontière du commerce entre ces deux régions, offrant une voie prometteuse pour la croissance et l’exploration mutuelles.

Les Caraïbes ont participé activement à l’événement, sous l’impulsion de la Barbade et de Sainte-Lucie. Le rôle de Caribbean Export en tant qu’ambassadeur de l’IATF 2023, qui intervient quelques mois seulement après notre première mission de commerce et d’investissement en Afrique de l’Ouest, amplifie l’élan donné aux entreprises caribéennes pour collaborer activement avec leurs homologues africains et favoriser les opportunités mutuellement bénéfiques. C’est un moyen sûr d’approfondir notre partenariat en matière de commerce et d’investissement avec l’Afrique. Il s’agit de moins parler et de plus travailler.

La présidente et la vice-présidente réélues au conseil d’administration de Caribbean Export

Lynette Holder et Leroy Almendarez ont été réélus président et vice-président du conseil d’administration de l’Agence pour le développement des exportations des Caraïbes le 26 octobre 2023 lors de la dernière réunion du conseil d’administration qui s’est tenue à Nassau, aux Bahamas. Leur réélection sans opposition témoigne d’une forte adhésion à un leadership dévoué au milieu des défis régionaux actuels. Ces dernières années, l’Agence a dû se repositionner et le conseil d’administration, collectivement, a fait preuve d’un soutien sans faille tout au long de cette période de transformation.

Caribbean Export opère avec un mandat profond : favoriser le développement économique durable et l’intégration régionale dans l’ensemble des Caraïbes. Elle aspire à améliorer la vie et les perspectives des diverses nations de la région des Caraïbes. Cet engagement se reflète dans les efforts multiformes de l’Agence visant à renforcer le commerce, l’investissement, l’innovation et l’esprit d’entreprise, autant d’ingrédients essentiels au progrès de cette communauté dynamique et riche sur le plan culturel.

Au cœur des activités de Caribbean Export se trouve son bureau d’études. Conseil d’administrationL’agence est composée d’un groupe de personnes dévouées, représentant les 15 États membres du CARIFORUM, qui servent de boussole à l’agence, l’orientent vers la réalisation de ses objectifs et veillent à ce que ses efforts contribuent à l’amélioration de la situation dans la région.

À propos de sa réélection au conseil d’administration, Mme Holder a déclaré : « Le soutien massif de mes collègues de la région m’a rendu humble et m’a encouragée à penser que nous sommes sur la bonne voie pour rendre l’agence apte à remplir sa mission à l’heure actuelle. Les entreprises caribéennes et, par extension, la population, attendent de leur agence régionale de développement des exportations qu’elle fournisse les programmes et les interventions nécessaires pour faire une différence tangible dans leur vie et leurs moyens de subsistance, alors que nous sommes confrontés à une myriade de défis internes et externes. Je suis reconnaissant à tous les directeurs de m’avoir accordé leur confiance pour diriger l’équipe pour un nouveau mandat ».

L’un des principes fondamentaux de l’Agence est la pratique de la bonne gouvernance. La transparence, la responsabilité et la conduite éthique sont les pierres angulaires des activités de Caribbean Export. Cet engagement ne garantit pas seulement l’intégrité de l’organisation, mais la positionne également comme une lueur d’espoir et d’opportunité pour les habitants de la région des Caraïbes.

Grâce à la sagesse collective du conseil d’administration, Caribbean Export est bien placée pour réaliser sa vision d’une Caraïbe prospère et intégrée, où la croissance économique et la richesse culturelle peuvent coexister harmonieusement, apportant prospérité et opportunités aux nations et aux peuples de la région.

BHN-INDOCAL, Le partenariat fait la norme!

La normalisation est un élément clé pour accompagner l’innovation et véhiculer les connaissances. En une dizaine d’années, la coopération au niveau des normes entre Haïti et la République Dominicaine s’est développée puis intensifiée très concrètement à travers un partenariat soutenu par le programme de coopération binationale.

Améliorer la qualité des biens produits dans les deux pays, favoriser les échanges, les formaliser et consolider la coopération institutionnelle entre Haïti et la République Dominicaines sont les grands axes du Programme de coopération binationale entre les deux pays, dont la « composante commerce et secteur privé” est mise en œuvre par l’Agence Caribéenne de Développement des Exportations, Caribbean Export, avec le soutien de l’Union européenne. Le partenariat entre le Bureau Haïtien de Normalisation, BHN et le bureau des normes dominicain INDOCAL concrétise d’une certaine manière ces trois objectifs.

Le BHN garant des normes en Haïti

Créé en 2012, le Bureau Haïtien de Normalisation (BHN) est sous la tutelle du Ministère du Commerce et de l’Industrie. Sa mission est d’élaborer, homologuer et publier des normes pour tous les domaines : produits, services ou organisations. Il est aussi chargé de diffuser la documentation liée aux normes (guides et procédures), les marques de conformité, et les labels de qualité. Le BHN est aussi l’organisme qui permet les certifications et surtout, il est le seul garant de la métrologie, c’est-à-dire la garantie scientifique des mesures : ce qui permet à tout acheteur d’être assuré que lorsqu’il achète un litre ou un gallon, il y a bien un litre ou un gallon de produit.

Spécialiste en agro-industrie, Monorde CIVIL a intégré le BHN dès sa création et il en est le directeur depuis 2020. « Dès 2013, la coopération et la collaboration entre les deux pays voisins, Haïti et la République Dominicaine, a été soutenue et favorisée par le 10e FED de l’Union européenne », explique-t’il en citant le premier protocole de collaboration signé entre le BHN et Indocal. Pour lui cette collaboration binationale au niveau des normes est essentielle car c’est la pièce maitresse de la confiance entre les deux pays, et plus largement au niveau international auprès duquel le BHN représente Haïti.

Partenariat fructueux entre BHN et INDOCAL

Dès 2013/2014, les entités des deux pays voisins sont invitées par Caribbean Export, en charge de ce volet de la coopération binationale, à créer des infrastructures de qualité et à collaborer. BHN et Indocal participent à des événements sur la qualité, échangent également des informations et des savoir-faire et participent ensemble à des formations. Les techniciens des deux bureaux se forment ensemble notamment sur la métrologie, surtout pour les masses et volumes. « Nos missions sont les mêmes, mais nos défis sont différents ! Indocal a une plus longue existence et plus d’expérience, mais surtout dispose d’une loi qui crée le système dominicain de normalisation et de qualité » explique M. Civil qui regrette qu’Haïti n’ait pas encore pu voter la loi préparée par le BHN.

Le BHN et Indocal cultivent depuis une dizaine d’année une collaboration fructueuse qui s’est intensifiée avec le programme de coopération binationale. Les deux institutions se sont penchées plus particulièrement sur les trois chaines de valeurs soutenues par Caribbean Export dans le cadre de ce programme : cacao et chocolat, huiles essentielles et artisanat. Le contexte sécuritaire en Haïti a malheureusement réduit le champ d’actions possible, mais à travers cette collaboration très technique, les deux institutions ont énormément progressé sur l’établissement des normes de qualité, notamment sur la filière cacao et chocolat.

Une norme binationale pour le chocolat

« Pour qu’il y ait une norme, il faut que toutes les parties prenantes soient réunies dans un comité technique et s’accordent en se référant à une norme internationale » explique le directeur du BHN.  Indocal a donc réuni un comité technique et organisé des réunions binationales avec le BHN. Les deux pays se sont référés à la norme du Codex alimentarius, que tous les pays utilisent pour le secteur alimentaire. Résultat :  la norme sur le chocolat est publiée par la république Dominicaine, et dès qu’elle sera traduite en français, le Bureau Haïtien de Normalisation va l’homologuer également pour Haïti. Cette norme garantit les spécifications de qualité pour le produit en question et comme les deux institutions ont signé un accord de coopération, cela va ouvrir l’accès d’un produit « chocolat » aux normes, dans l’autre pays et vice-versa.

Une langue commune : la métrologie

Malgré la pandémie de Covid 19 et les bouleversements que connait Haïti qui l’ont ralenti, le partenariat binational entre BHN et Indocal n’a fait que progresser. D’une plateforme d’échange, la coopération est passée à des formations, notamment sur le système de certification pour les deux pays. En métrologie, les techniciens des deux pays, qui sont amenés à faire des formations un peu partout dans la région, ont également travaillé en binôme au cours de formations très pointues en République Dominicaine. « Les techniciens des deux pays sont très bien formés et travaillent de la même façon. Même si la pratique de l’anglais et de l’espagnol doit être combinée pour les formations, leur langue commune c’est définitivement la métrologie. L’échange des compétences et des savoir-faire est fructueux pour tous » se félicite M. Civil qui évoque la création, consécutive à la formation, d’un service qui vérifie les kiosques de propane en Haïti.

Un site web en construction pour le BHN

Grâce au programme binational, le BHN va bientôt pouvoir également bénéficier d’un site web. « Ce portail est essentiel pour sensibiliser et communiquer sur les travaux de l’institution, connecter le BHN et ses usagers. Les normes concernent tous les aspects de la vie. Il y a des normes sur les produits ou les services mais aussi sur l’adaptation aux changements climatiques, des normes environnementales, etc. Notre travail est très transversal, Chaque fois qu’une norme sera homologuée, elle sera publiée sur le site », explique le directeur qui se réjouit de voir avancer ce projet de site, entrepris et soutenu par Caribbean Export en 2022 et 2023.  Dès lors, toutes les normes aujourd’hui disponibles au BHN seront accessibles et pourront être obtenues, moyennant redevance, par les intéressés en Haïti, pour produire ou servir en conformité avec les normes nationales, binationales et pour certaines internationales. Seront aussi publiées les formations accessibles aux jeunes ainsi que des enquêtes publiques. Un grand pas pour le BHN et pour la normalisation nationale et binationale.

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Débloquer le succès numérique pour les MPME : le pouvoir du bilan de santé numérique

Qu’est-ce que le bilan de santé numérique ?

Vous êtes une micro, petite ou moyenne entreprise (MPME) et vous cherchez à naviguer avec succès dans le paysage numérique ? Le bilan de santé numérique est la clé qui vous permettra de libérer votre potentiel numérique. Le bilan de santé numérique est un outil de diagnostic puissant, conçu pour évaluer les capacités numériques et l’état de préparation d’une petite entreprise. Le bilan aidera les propriétaires et/ou les gestionnaires de MPME à comprendre le niveau actuel de maturité numérique de l’entreprise, à identifier les domaines à améliorer et à fournir des recommandations complètes pour guider l’adoption du numérique, en fonction de leur niveau de maturité numérique.

Évaluer votre préparation numérique

Pour déterminer le niveau de maturité de votre entreprise, vous devrez répondre à une série de questions dans sept (7) domaines cruciaux de la transformation numérique, tels que la présence en ligne, le marketing numérique, le commerce électronique, la gestion des données et l’infrastructure technologique. Les analyses et algorithmes intégrés à la plateforme analyseront les réponses pour fournir une évaluation des forces et faiblesses numériques de votre entreprise.

Votre feuille de route personnalisée pour réussir

L’un des avantages les plus significatifs du bilan numérique est qu’il propose des recommandations exploitables basées sur votre niveau de maturité numérique. Après avoir effectué l’évaluation, vous recevrez un document PDF contenant des stratégies ciblées pour faire passer votre entreprise au niveau supérieur de la numérisation. Le projet comprend d’autres composantes liées au Check-up dont votre entreprise bénéficiera, notamment l’accès gratuit à des cours dans le cadre de parcours d’apprentissage sur le Caribbean Digital Transformation Institute (CDTI), une plateforme de gestion de l’apprentissage en ligne conçue spécifiquement pour ce projet.

Le bilan numérique fourni dans le cadre du projet CDTI, une initiative de trois ans financée par la Banque interaméricaine de développement (BID) et mise en œuvre par l’Agence caribéenne de développement des exportations, est conçu pour les MPME.

Le check-up s’inspire d’un outil similaire utilisé par des milliers d’entreprises dans plus de 13 pays d’Amérique latine. Cette version bénéficie d’améliorations issues des enseignements tirés de son déploiement et de son utilisation antérieurs dans ces pays.

Pourquoi utiliser le bilan de santé numérique ?

En plus de connaître votre niveau de maturité numérique et vos forces et faiblesses en matière de numérisation, voici pourquoi le bilan de santé numérique est un outil essentiel pour les MPME :

  • Comparaison avec les normes de l’industrie:
    • Cet outil vous aidera à vous situer par rapport aux normes industrielles ou aux meilleures pratiques. Cette comparaison fournit une feuille de route claire pour l’amélioration et vous aide à fixer des objectifs réalisables.
  • Possibilités d’innovation:
    • En identifiant les lacunes ou les domaines à faible maturité numérique, votre organisation peut explorer des solutions et des technologies innovantes qui ont le potentiel de stimuler la croissance, d’améliorer l’efficacité et de renforcer la compétitivité.
  • Amélioration de l’expérience client:
    • Le check-up permet d’identifier les lacunes en matière d’engagement des clients, d’expérience utilisateur et de points de contact numériques. En comblant ces lacunes, il est possible d’améliorer la satisfaction et la fidélité des clients, ainsi que d’augmenter les ventes et les parts de marché.
  • Optimisation des coûts et amélioration de l’efficacité:
    • La rationalisation de vos opérations, l’automatisation des tâches et l’adoption d’outils numériques peuvent optimiser l’affectation des ressources, réduire les coûts et améliorer l’efficacité globale.
  • Prise de décision stratégique:
    • Comprendre les forces et les faiblesses numériques de votre entreprise vous permet d’aligner les initiatives numériques sur vos objectifs commerciaux, d’allouer les ressources de manière efficace et de hiérarchiser les investissements afin d’obtenir une valeur et un impact maximums.

Votre chemin vers la transformation numérique

Une fois que vous avez effectué le bilan numérique et reçu vos recommandations personnalisées, votre parcours vers la transformation numérique devient plus clair. Voici quelques mesures concrètes à prendre :

Accédez à des cours ciblés sur notre plateforme de gestion de l’apprentissage en ligne, l’Institut de transformation numérique des Caraïbes. Ces cours font partie de parcours d’apprentissage qui visent à répondre aux besoins de connaissances et de compétences des entreprises en fonction de leur niveau de maturité numérique.

Collaborez avec un fournisseur de services de transformation numérique ou un conseiller armé d’informations fondées sur des données, issues du bilan de santé, pour aider votre entreprise à créer une stratégie de numérisation et d’investissement sur mesure. Cette stratégie peut s’avérer déterminante pour obtenir des financements de diverses sources afin de soutenir vos efforts de numérisation. Le fait de disposer d’une stratégie et d’un plan d’investissement fondés sur des données et riches en informations augmente vos chances d’attirer et de recevoir des fonds ou d’autres types de soutien.

En réalisant le bilan de santé numérique et en accédant à ses avantages directs, votre entreprise bénéficie d’un avantage concurrentiel qui lui permet d’exploiter les possibilités croissantes de soutien à la numérisation offertes par diverses agences.

Cliquez ici pour passer le bilan de santé numérique dès aujourd’hui !

La mission économique de l’UE en Guyane met l’accent sur les possibilités offertes par la passerelle globale de l’UE

La délégation de l’UE en Guyane, dans le cadre de la passerelle globale de l’UE, a organisé une mission économique de l’UE en Guyane qui se tiendra à Georgetown du 20 au 22 novembre avec plus de 20 entreprises de 8 États membres de l’UE.

Mme Myriam Ferran, directrice générale adjointe du département des partenariats internationaux de l’UE (INTPA), dirigera la mission économique composée d’entreprises de différents secteurs pour le développement de la Guyane, tels que les énergies renouvelables, l’agriculture et la sylviculture, la logistique et les infrastructures, les TIC, les produits médicaux et pharmaceutiques, l’hôtellerie et l’écotourisme.

La mission intervient à un moment décisif pour la Guyane, qui doit adopter un modèle de croissance verte et inclusive, ce qui constitue l’objectif du programme d’investissement de la passerelle mondiale UE-ALC (Global Gateway Investment Agenda – GGIA). Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la « Global Gateway », la stratégie de l’Union européenne visant à stimuler les connexions intelligentes, propres et sûres dans les secteurs du numérique, de l’énergie et des transports et à renforcer les systèmes de santé, d’éducation et de recherche dans le monde entier.

La mission économique est organisée en partenariat avec Trade Promotion Europe et l’Office of Investment of Guyana, avec le soutien de la Commission du secteur privé, de la Guyana Manufacturing and Services Association et de la Chambre de commerce de Georgetown.
Cet événement de trois jours se déroulera au Marriot Georgetown et comprendra un séminaire, des réunions interentreprises et des visites sur le terrain.

Les entreprises des États membres de l’UE ou de la Guyane qui souhaitent participer à la mission économique peuvent consulter la page d’accueil https://nexconsulting.kartra.com/page/rGU45.

SYMBIOSIS une exposition “fusion”

Ils ont en commun une île, la matière mais aussi des savoir-faire uniques. Une vingtaine d’artistes, designers, entrepreneurs d’Haïti et de la République Dominicaine ont travaillé en collaboration, dans la rigueur et la persévérance sur plusieurs années pour mettre sur pied une collection originale de 153 parures, présentée en juin 2023 sous l’égide de Caribbean Export, avec le financement de l’Union européenne.

Santo Domingo, jeudi 22 juin, 18heures sonnantes, apparaissent dans la première salle d’exposition les bustes de mannequins habillés de velours sobre dévoilant leurs atours en pierres, corne, métaux, bois…Avec une dextérité et une créativité particulière, les designers haïtiens et dominicains ont joué avec les matières comme on joue avec des pinceaux pour révéler au monde, une collection collective d´œuvres exceptionnelles à travers une nouvelle marque caribéenne « Symbiosis »  

Nous sommes à la Quinta Dominica, au cœur de la zona coloniale. Les projecteurs sont braqués sur l’´évènement. Au jaspe rouge et vert d’Haïti se mêlent le larimar et l’ambre de la République Dominicaine, aux métaux s’associent les fibres, la corne et le bois ou la noix de coco dans une symbiose éclatante. Il y a à la fois une unité et des unicités, et surtout un enthousiasme remarquable de tous pour cette exposition et le projet qui l’a fait naître. Comme l’évoquait Anny Abate la curatrice de l’exposition en charge de son installation “C’est un projet qui a de la force, qui traduit quelque chose et qui cherche son équilibre. Le défi de l’exposition Symbiose c’est de connecter le travail des créateurs en donnant son espace à chacun, sans en changer le sens…”

Au commencement une thématique Taino…

Tout a commencé en 2019, avec le lancement d’un projet d’assistance technique visant à renforcer les capacités de production de la chaîne de valeur de l’artisanat dans les deux pays voisins. Ce projet de la composante “Commerce et Secteur Privé” du Programme de Coopération Binationale Haïti-République Dominicaine, financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par Caribbean Export, seul organisme de promotion du commerce et de l’investissement pour les pays du CARIFORUM a véritablement favorisé les synergies souhaitées par le programme, tout au long du processus, qui sont axées sur la co-promotion et la coproduction. 

Dès le départ, l’idée d’une collection de bijoux, conjointe, exportable avec une identification caribéenne définie, est proposée comme aboutissement du projet autour du thème Taino. Symbiosis la marque qui en est née, se voulait une rencontre collaborative entre designers haïtiens et dominicains, en s’appuyant sur ce que nous avons en commun” explique Philippe Dodard, alors directeur de l’ENARTS, Ecole Nationale des Arts, dont quelques étudiants ont aussi participé à ce projet par des échanges entre les deux institutions de formation, l’ENARTS en Haïti et CENADARTE en RD.

16 créateurs en parfaite symbiose

Neuf artistes haïtiens et sept de la République Dominicaine ont participé à cette aventure. Deux noms reviennent régulièrement dans leurs témoignages : celui de la fameuse designer Jenny Polanco, sans laquelle le projet n’aurait pas vu le jour et qui a malheureusement succombé au covid avant de l’avoir vu se concrétiser, et celui de Jorge Caridad, le “maitre” de la pierre, fondateur des musées de l’ambre et du larimar, qui a ouvert son atelier et largement ses bras, à tous les participants, pour partager son talent et ses connaissances du minéral, matière première de la plupart des bijoux exposés.

Ces sessions restent pour tous mémorables et particulièrement enrichissantes. “Au début du projet, aucun de nous, les Haïtiens, n’était joaillier ni ne connaissait les pierres, et nous rencontrions en RD des spécialistes. Travailler ensemble, sur les techniques de taille et de polissage, était tout à fait nouveau pour nous”, confie Sandra Russo qui a accompagné le projet. “En Haïti nous avons une tradition et des techniques très anciennes sur le travail de la corne et du bois. A l’initiative de Michel Châtaigne, le Bureau des Mines d’Haïti a proposé des pierres alors inconnues des Dominicains, comme le quartz, le jaspe, la malachite et l’azurite”.

Un partage de savoir-faire…

Cet échange de savoir-faire sur les matières, autant que l’apport de pierres nouvelles, semblent avoir inspiré les artisans et artistes des deux pays.

Gisselle Mancebo Castillo, reconnue dans le domaine des bijoux en larimar, a exposé une dizaine de sautoirs magnifiques, mêlant dans un kaléidoscope de couleurs, les bleus, rouges, jaunes et verts des pierres de l’île : “C’est la première fois que je travaille avec ces pierres, ce fut un expérience incroyable”. Gimarie Grullon, designer de la marque Tiaggi, a aussi adopté les jaspes rouge et jaune d’Haïti, harmonieusement mariés à l’ambre dans une création remarquable. Pour elle, c’est une expérience formidable comme designer, “autant qu’un honneur et un plaisir de travailler avec des artisans d’Haïti”.

Les nouveaux créateurs

Juste à côté, un apparat délicat et original décore non seulement un buste de manière majestueuse, couvrant les épaules, les bras, le poitrail et même la tête. Les pierres sont sobrement reliées par des chaînes et fils de cuivre. Cette création de Garibaldi Jean Baptiste, à la fois sobre et intrigante interpelle le visiteur. Tout comme celle d’Emmanuel Saincilus, dont on retrouve l’univers artistique de peintre, plasticien et sculpteur dans un travail d’orfèvrerie martelé tout à fait original. Ces jeunes créateurs haïtiens, diplômés de l’ENARTS n’étaient pas présent pour raconter l’expérience créative, mais leurs créations parlaient pour eux.

Michel Châtaigne, figure haïtienne de la mode, rompu au design de vêtements, chaussures et accessoires, signait ici ses premières créations de bijoux en métal en utilisant la technique du fer découpé et mêlant cuivre, laiton et pierres. C’est la même technique qui a inspiré Nora Leurebours de Tipik Créations, habituée à concevoir ses accessoires de mode et objets pour la maison à partir de papier maché, corne de vache ou fibre naturelle, et qui s’est trouvée inspirée par les métaux et pierres offertes à sa créativité.

Mélange de matières…

Les combinaisons heureuses de pierres et d’autres matières comme la corne et le bois se retrouvaient chez plusieurs créatrices comme Gisela Maria Lozada, de la marque Shelaia Store (RD) ou Barbara Taveras (RD) chacune mariant avec delicatesse le bois, les coquillages, l’ambre ou le larimar. C’est aussi ce qui caractérisait les pièces très ethniques présentées par Cristina Nuñez, toujours riches d’intrants endémiques de la République Dominicaine comme la noix de coco, l’os, l’ambre ou le larimar, auxquels elle associait discrètement quelques pierres d’Haïti.

Daphnée Floréal, formée à la joaillerie de l’école de design d’Altos de Chavon s’est amusé à réhausser ses créations (collier pectoral) Bijou Lakay, où la corne est très présente, de quelques accents de nouvelles couleurs et matières.

Experte en fusion d’éléments tribaux et design urbain, Martine Bourjolly Cantave, créatrice haïtienne de bijoux de la marque Héritage Nomade et animatrice du seul atelier de bijoux ayant pu se tenir en Haïti, présentait quelques pièces marquantes de sa version de la marque Symbiose.

Toutes premières fois

Comme Martine Bourjolly Cantave, les créateurs haïtiens ont souvent choisi de rester proche du thème Taino. Régine Tesserot Fabius et Ariel Fabius, conceptrices de meubles et d’accessoires pour la maison ont ainsi conçu des pièces résolument inspirées des dessins et objets Taino, en y intégrant parfois des matériaux traditionnels (cuir, corne, bois) ainsi que les pierres façonnées et montées pour elles dans les ateliers dominicains. “Nous avons été amenés à créer sur un thème et dans un médium nouveau pour nous” rapportent-elles.

Architecte de profession, Fatima Polanco s’est prise de passion pour la création de bijoux et s’est révélée une virtuose de la palette de pierres indigènes. Symbiosis semble avoir inspiré son imagination avec une collection riche de toutes les pierres de l’iles agencées avec originalité.

Témoignage tangible de la collaboration

La première édition de Symbiosis, à la fois projet et marque, offre une vitrine à la création de bijoux et accessoires de mode faits à la main, à partir de matières premières de l’île. Pour Leonel Naut, directeur de Caribbean Export, cette première collection est un témoignage tangible et le produit d’une collaboration qui met en exergue le potentiel et le talent artisanal exceptionnels de l’île. « Cette collection favorise le dialogue binational entre les deux pays grâce à l’esprit de collaboration avec lequel ces pièces ont été créées C’est un projet d’avant-garde. Une collection qui peut apporter autant de résultats positifs, c’est émouvant…” déclarait-il, en soulignant combien la diversité créative et culturelle de l’île et la conception de nouveaux produits à valeur ajoutée peuvent améliorer l’offre exportable et contribuer au développement économique du secteur.

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