La quatrième conférence sur les petits États insulaires en développement (PEID) : Une plongée en profondeur dans le Forum 2024 du réseau mondial des entreprises des PEID

Johns, à Antigua-et-Barbuda, la quatrième conférence des petits États insulaires en développement(PEID) (SIDS4) a ouvert la voie à un dialogue et à une action transformateurs, notamment par l’intermédiaire du forum 2024 du réseau mondial des entreprises des PEID. Cet événement de premier plan, organisé par le Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (OHRLLS), a servi de passerelle entre les entités du secteur privé international et les PEID afin de favoriser les partenariats pour la décennie à venir.

Aperçu du forum :

Organisé les 25 et 26 mai 2024, juste avant le SIDS4, le SIDS Global Business Network Forum a exploré des thèmes cruciaux tels que l’autonomisation des communautés, la croissance bleue et verte et la création d’un environnement commercial favorable à l’investissement. Les résultats du forum ont joué un rôle essentiel dans l’orientation des discussions lors de la table ronde consacrée au secteur privé dans le cadre de SIDS4.

Historique et évolution :

Le SIDS Global Business Network (SIDS-GBN), créé en 2014 lors de la troisième conférence des Nations unies sur les petits États insulaires en développement à Samoa, n’a cessé d’évoluer. Il s’est d’abord concentré sur les partenariats public-privé à Aruba (2016), le tourisme durable à Maurice (2018) et les partenariats océaniques à Palau (2022). Ce quatrième forum, organisé dans le cadre du programme SAMOA, a permis de faire le point sur la première décennie du réseau et d’intégrer les perspectives du secteur privé dans le nouveau programme d’action pour les PEID.

Récapitulatif des sessions :

Session 1 – Durabilité : Libérer les opportunités pour les économies bleues et vertes :

Cette session a mis en évidence la nécessité d’accélérer les partenariats de développement durable au sein des PEID. L’accent a été mis sur l’économie bleue, en soulignant que la créativité et l’engagement communautaire sont des éléments essentiels.

Session 2 – Inclusivité : Renforcer les communautés locales pour des économies transformées :

Les panélistes ont discuté de la redéfinition de l’image de marque au-delà de l’image « soleil, mer, sable », en plaidant pour la diversification économique grâce aux industries créatives, au tourisme sportif et à l’intégration de l’économie numérique. L’accent a été mis sur l’habilitation des communautés locales à façonner activement leur avenir et à favoriser l’innovation.

Session 3 – Politique : Créer un environnement favorable aux entreprises :

La nécessité d’une collaboration efficace entre les gouvernements et le secteur privé a été soulignée. Les obstacles historiques à la collaboration ont été reconnus, avec une perspective optimiste sur l’émergence d’une réactivité et d’une dynamique de coopération.

Session 4 – Financement : Obtenir des financements et des investissements :

Cette session, que j’ai eu l’honneur de modérer, a mis l’accent sur la création d’écosystèmes favorables grâce à la collaboration, à des solutions financières innovantes et à des pratiques durables. Les appels à l’élaboration de feuilles de route concrètes et à l’augmentation des investissements ont été au cœur des discussions.

Lors de la clôture du SIDS-GBN, António Guterres, secrétaire général des Nations unies, a exhorté les entreprises à aligner leurs pratiques sur les ODD, en mettant l’accent sur l’action climatique et les financements innovants. « Ensemble, travaillons pour offrir un avenir meilleur, plus résilient et plus durable aux populations des petits États insulaires en développement. Et ensemble, faisons entendre notre voix pour les réformes nécessaires à un système financier et économique international plus juste et plus efficace, capable de fournir aux PEID les ressources et les capacités qu’ils méritent et dont ils ont besoin ».

Il a également souligné le rôle du Global Business Network dans le soutien aux PEID, la promotion de l’investissement dans les secteurs bleu et vert et l’encouragement de la diversification économique, en particulier pour les femmes et les jeunes.

Table ronde du secteur privé SIDS4

Dans la soirée du 28 mai, lors de la conférence SIDS4, les délégués se sont réunis pour entendre les résultats et les recommandations du SIDS-GBN. Des remarques de haut niveau ont été formulées lors de l’ouverture, entre autres :

Chet Greene, ministre du commerce, de l’industrie, des sports, de la culture et des festivals nationaux, Antigua-et-Barbuda :

Mme Greene a souligné le rôle essentiel du secteur privé dans la création d’emplois, l’innovation et le soutien aux PME. Il a souligné l’importance de la transition vers une économie verte et le rôle moteur du secteur privé dans cette entreprise.

Kerrie Symmonds, ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur, Barbade :

M. Symmonds a évoqué la nécessité de trouver des solutions de financement pragmatiques, y compris l’allègement de la dette et des mécanismes d’assurance novateurs pour soutenir les PEID face aux catastrophes naturelles. Il a également souligné le rôle essentiel du renforcement des capacités techniques dans le domaine des énergies renouvelables et d’autres secteurs essentiels à la résilience et à la croissance des PEID.

Principales recommandations :

Les principales recommandations issues du SIDS-GBN ont été présentées par Rabab Fatima, Haut représentant pour l’OHRLLS, lors de la table ronde du secteur privé du SIDS4.

Fatima s’est penchée sur les réalisations du réseau au cours de la dernière décennie, soulignant l’importance de tirer parti de l’innovation du secteur privé pour l’économie bleue, de responsabiliser les communautés locales et de créer un environnement commercial favorable. Elle a souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de financement pour soutenir les MPME et les initiatives de développement durable. Les recommandations portent notamment sur les points suivants

  1. Forum plurilatéral :
    Créer un forum pour concevoir des feuilles de route de développement bleu-vert, mettre les initiatives en relation avec le financement et faire participer les communautés locales aux discussions entre les innovateurs et les investisseurs. Ce forum faciliterait le partage des connaissances et la mise en relation des projets.
  2. Fonds de développement des PEID :
    Créer un fonds pour les partenariats public-privé-communauté visant la croissance des PME, les bénéfices pour la communauté (y compris les femmes et les jeunes) et la régénération de l’écosystème, en se concentrant sur les environnements favorables, le renforcement des capacités et le mixage des financements.
  3. Un environnement économique favorable :
    Développer des cadres pour améliorer l’accès à la connaissance, soutenir les chambres de commerce locales et organiser des événements régionaux pour mettre en relation les gouvernements et le secteur privé.
  4. Nouveau cadre d’investissement :
    Mettre en œuvre des solutions innovantes (comme la blockchain et l’IA) et des approches régionales pour accroître l’efficacité du capital et diminuer les risques de transaction, en favorisant un environnement propice à l’investissement dans les PEID.

Conclusion :

Le 2024 SIDS Global Business Network Forum a été une lueur d’espoir et un catalyseur d’action, réunissant diverses parties prenantes pour forger des partenariats et élaborer des stratégies réalisables pour le développement durable dans les PEID. À l’avenir, le rôle du secteur privé dans la promotion de l’innovation, de l’investissement et de la croissance inclusive sera plus important que jamais. Les résultats et les recommandations de ce forum façonneront sans aucun doute la trajectoire du développement des PEID au cours de la prochaine décennie, garantissant que ces communautés dynamiques puissent prospérer durablement au milieu des défis mondiaux.

Comment mettre en place des modalités résilientes pour la chaîne d’approvisionnement : Une perspective commerciale

La logistique et le transport sont essentiels à l’intégration économique des Caraïbes dans le commerce mondial. Ils sont essentiels pour étendre la portée du marché et réduire les coûts opérationnels. Le récent forum mondial de la CNUCED sur les chaînes d’approvisionnement, qui s’est tenu à la Barbade, a été l’occasion d’examiner les défis et les opportunités dans ces secteurs, notamment lors d’une table ronde organisée par l’Agence de développement des exportations des Caraïbes et consacrée à la création de chaînes d’approvisionnement résilientes. Voyons maintenant les principales conclusions et les enseignements tirés de cet événement.

Le talon d’Achille de la logistique et du secteur des transports dans les Caraïbes

Les Caraïbes sont confrontées à des défis uniques en matière de logistique et de transport, en raison de leur situation géographique et économique. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence ces vulnérabilités, en soulignant la forte dépendance de la région à l’égard du commerce international et du tourisme. En outre, le paysage politique mondial actuel, avec ses tensions géopolitiques et ses différends commerciaux, ajoute une nouvelle couche de complexité à la stabilité économique des Caraïbes.

Darwin Telemaque, directeur général de l’autorité portuaire d’Antigua, a souligné le besoin urgent de moderniser l’infrastructure portuaire. Les inefficacités telles que les infrastructures obsolètes, les équipements inadéquats et les obstacles bureaucratiques entravent considérablement les capacités logistiques de la région. M. Telemaque a souligné que le récent succès de Barbados Port Inc., qui a réduit ses coûts de 17 % grâce à des changements structurels, constituait un modèle pour les autres ports. La modernisation de ces installations est essentielle pour améliorer la conteneurisation et l’efficacité globale de la chaîne d’approvisionnement.

Le rôle des innovations technologiques et des investissements stratégiques

Les investissements stratégiques et les innovations technologiques sont essentiels pour transformer les secteurs de la logistique et du transport dans les Caraïbes. L’adoption de technologies de transport maritime avancées et la rationalisation des procédures douanières peuvent considérablement améliorer l’efficacité et la durabilité des infrastructures. L’appel de Telemaque à la modernisation des infrastructures portuaires souligne l’importance de ces investissements. La mise en œuvre de systèmes automatisés et la modernisation des équipements portuaires peuvent réduire les coûts opérationnels et stimuler la productivité, ce qui permettra aux Caraïbes d’être plus compétitives sur le marché mondial.

Michelle Belgrave, directrice des douanes et de la conformité commerciale pour DHL Express Caribbean, a souligné l’importance de cadres politiques complets et de la participation des parties prenantes pour faciliter les processus d’exportation. Elle a insisté sur la nécessité pour les PME de comprendre le code du système harmonisé (HS) pour les douanes et la conformité, ce que DHL aide à faire, garantissant ainsi une expédition sans heurts. Des programmes tels que SheTrades de DHL, visant à aider les femmes entrepreneurs de la Barbade, sont essentiels pour favoriser l’adoption des technologies et l’innovation au sein des PME.

Le rôle vital des PME dans l’économie des Caraïbes
Les petites et moyennes entreprises (PME) constituent l’épine dorsale de l’économie des Caraïbes, puisqu’elles représentent 99,5 % des entreprises de la région. Pourtant, seulement 10 % de ces PME exportent leurs produits, ce qui montre qu’il y a une grande marge de progression. M. Belgrave a souligné le rôle essentiel des PME et la nécessité d’un soutien accru pour améliorer leurs capacités d’exportation. Des processus d’exportation rationalisés, facilités par des cadres politiques globaux et une assistance technologique, peuvent aider les PME à surmonter les obstacles au commerce international.

Tamara Gibson, directrice générale de Native Caribbean Limited, a partagé son expérience de la croissance de 247 % de son entreprise malgré les défis posés par la pandémie. Elle a souligné les coûts élevés de l’exportation, en particulier pour les petits produits pour lesquels les frais d’expédition dépassent souvent les coûts des produits. L’implication des micro-entreprises dans les discussions politiques et la création d’opportunités pour le transport maritime en vrac sont des stratégies essentielles pour réduire les coûts et améliorer la compétitivité mondiale des PME des Caraïbes. Nicholas Bynoe, propriétaire de Old Duppy Foods Inc, s’est fait l’écho des mêmes sentiments en soulignant les défis que représentent les coûts d’expédition élevés et le maintien d’un approvisionnement constant en matières premières, tout en insistant sur l’importance de la légitimité des marques caribéennes sur les marchés internationaux.

Que faut-il en retenir ?

La construction de chaînes d’approvisionnement résistantes est essentielle pour la prospérité future des Caraïbes. Relever les défis de nos secteurs de la logistique et du transport grâce à des innovations technologiques et des investissements stratégiques peut stimuler la croissance économique et la sécurité de l’emploi. Les conclusions du Forum mondial de la CNUCED sur la chaîne d’approvisionnement constituent une feuille de route claire pour l’élaboration d’un cadre logistique solide soutenant des activités économiques durables. En modernisant les infrastructures et en soutenant les PME, les Caraïbes peuvent mieux s’intégrer dans l’économie mondiale et parvenir à une stabilité économique à long terme.

L’initiative de la Guyane en faveur de l’énergie durable : Ouvrir la voie à la sécurité énergétique

La Guyane se trouve à l’aube d’une révolution énergétique transformatrice, exploitant ses ressources naturelles pour se propulser vers un avenir durable. Alors que la communauté mondiale s’oriente vers les énergies renouvelables, l’orientation stratégique de la Guyane vers des solutions durables garantit non seulement la sécurité énergétique, mais ouvre également la voie à la croissance économique et à la gestion de l’environnement.

Au cœur de cette transformation se trouve le prochain Forum d’investissement des Caraïbes (FIC), une rencontre cruciale prévue du 10 au 12 juillet 2024 à Georgetown. Cet événement sert de phare aux investisseurs et aux entreprises du monde entier à la recherche d’opportunités dans le secteur florissant de l’énergie de la Guyane.

Avec des réserves estimées à plus de 10 milliards de barils de pétrole et 15 billions de pieds cubes de gaz, le récent boom pétrolier de la Guyane a créé des flux de revenus substantiels. Cependant, plutôt que de tomber dans la « malédiction du pétrole », le pays s’oriente vers des stratégies énergétiques inclusives et résilientes.

La vision de la Guyane repose sur l’engagement de veiller à ce que les avantages du secteur de l’énergie soient équitablement répartis entre les citoyens. La pierre angulaire de cette approche est la recherche de la sécurité énergétique, étayée par des investissements stratégiques dans des projets d’énergie durable.

Le projet « Gas-to-Energy », une initiative transformatrice visant à exploiter le gaz naturel des réserves offshore pour alimenter la production d’électricité, est en tête de file. En mettant en place une installation de traitement intégrée, la Guyane cherche à réduire sa dépendance à l’égard des importations d’énergie, à stabiliser le réseau national et à réduire les coûts de l’électricité pour les consommateurs.

Le programme d’électrification de l’arrière-pays, qui vise à assurer la sécurité énergétique des communautés isolées, vient compléter cet effort. Grâce à la modernisation des infrastructures et à l’extension du réseau, la Guyane vise à étendre un accès fiable à l’électricité à tous les coins du pays, en recourant à des technologies rentables et durables.

En outre, la Guyane diversifie son bouquet énergétique en investissant dans les technologies hydroélectriques, solaires, éoliennes et de la biomasse. Ces projets permettent non seulement d’atténuer les incidences sur l’environnement, mais aussi de garantir un approvisionnement en énergie régulier et abordable, ce qui renforce la compétitivité économique et stimule la croissance.

Parallèlement, la Guyane modernise ses cadres juridiques et réglementaires afin de promouvoir la transparence, la responsabilité et les pratiques éthiques dans le secteur de l’énergie. Les évaluations environnementales obligatoires soulignent l’engagement de la nation en faveur de la durabilité et de la préservation.

La législation telle que la loi sur le contenu local renforce encore la volonté de la Guyane d’encourager la participation locale et de préserver les intérêts des citoyens dans le secteur de l’énergie.

Les investisseurs étrangers et les entreprises internationales sont invités à participer à l’effort de la Guyane en matière d’énergie durable, en offrant leur expertise et leurs ressources pour accélérer la transition vers un paysage énergétique résilient et inclusif.

Le Forum d’investissement des Caraïbes (CIF), qui se tient à Georgetown, offre une occasion unique d’explorer les initiatives de la Guyane en matière d’énergie durable. Les participants pourront participer à des sessions B2B, se familiariser avec des projets vérifiés et découvrir les possibilités d’investissement dans le secteur énergétique florissant de la Guyane.

Alors que la Guyane s’engage dans ce voyage transformateur vers la sécurité énergétique par des moyens durables, elle invite le monde à se joindre à elle pour construire un avenir plus lumineux et plus durable pour les générations à venir.